Dialogues impromptus en classe de FLE

Comment faire acquérir les compétences d’aisance, du sens de la répartie et de la simultanéité compréhension-expression en langue de communication ?

Les dialogues font partie intégrante de l’apprentissage du français langue étrangère (et de toute autre langue). Il suffit de regarder les méthodes pour s’en convaincre. Toute leçon ou unité débute par un dialogue entre deux ou plusieurs personnages. Dialogue fictif, construit sur mesure en fonction des objectifs langagiers et grammaticaux de la leçon. Bien sûr ces dialogues ne peuvent exister que dans le monde virtuel de l’apprentissage mais ils ont l’immense avantage de mettre les apprenants vivant dans un milieu non francophone en contact avec la langue, sa structure sans oublier son contexte culturel. Ce qui est valable pour la compréhension orale, l’est aussi pour l’expression orale. Quelle méthode ne propose pas de créer un dialogue reprenant les structures, le vocabulaire ? étudiés au cours de la leçon ? Le défaut majeur de ces dialogues est leur appartenance à un monde fictif : celui de l’apprentissage. Que ce soit pour la compréhension ou l’expression, ils doivent répondre à des critères particuliers. Or dans la vie quotidienne, nos dialogues ne correspondent qu’au critère de la communication. Les exigences grammaticales ou lexicales n’interviennent qu’en second plan, en tant que support de la communication contrairement aux dialogues d’apprentissage.

Les « dialogues impromptus » sont une manière de remédier à cet inconvénient et de permettre aux apprenants de mettre de côté les réflexions grammaticales pour s’intéresser davantage à l’aspect communicatif de la langue. L’utilisation de ces dialogues ne demande aucune préparation si ce n’est celle des sujets. Il suffit d’inscrire sur des papiers des sujets de dialogues (chez le boulanger ; entre voisins : la poubelle de l’immeuble n’est jamais vidée, le chien du voisin du dessus aboie sans arrêt, les enfants crient ; acheter un timbre à la poste ?), en reprenant les thèmes des leçons, des sujets des examens divers ou en inventant ? A la fin de chaque cours, deux apprenants tirent un sujet et le dialogue s’instaure, sans aucune préparation. Certes, la situation est fictive mais le dialogue ne l’est pas, les apprenants exploitent leurs compétences de communication en français et transfèrent également leurs compétences de leur langue maternelle vers le français. Il suffit de consacrer 5 ou 10 mn par cours, pas plus. Au fur et à mesure, on constate une fluidité de la parole, une disparition des peurs et des craintes face aux erreurs éventuelles. L’enseignant est là pour guider et corriger éventuellement les plus grosses erreurs, mais il est spectateur. Et on assiste à des dialogues surprenants, drôles et humoristiques même au niveau débutant après quelques heures de cours. Compréhension et expression interviennent en simultané et les progrès sont visibles. Rapidement, les apprenants vont réutiliser d’eux-mêmes les structures récemment étudiées, par jeu, tout en utilisant celles acquises, naturellement.

Les compétences d’autonomie et d’aisance se développent de cette manière ainsi que le sens de la répartie, très difficile à acquérir en langue étrangère et pourtant indispensable à la communication.

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