NTIC et FLE

Depuis longtemps, la discipline du français langue étrangère intègre les multimédias dans ses différents courants méthodologiques. Qu’ils soient audio ou vidéo, fabriqués, didactisés ou authentiques, ces documents font partie intégrante d’un enseignement de FLE.

Magnétophones, magnétoscopes, téléviseurs et parfois même caméscopes sont des outils fréquemment utilisés par les enseignants. Avec l’introduction de l’enseignement assisté par ordinateur, les centres de ressources, dans un premier temps, se sont vus dotés de postes multimédias, qui ont été par la suite connectés à Internet. Du matériel pédagogique a été créé, exercices diffusés sur disquettes puis cd-rom, mais qui finalement n’avaient de novateur que le canal de l’ordinateur. Par la suite se sont développés les cd-rom d’apprentissage, intégrant son, vidéo, exercices interactifs et autocorrectifs, reconnaissance vocale…

Après les centres de ressources, les établissements d’enseignement ont été pourvus de postes et de salles informatiques et peu à peu les enseignants ont apprivoisé ce nouveau vecteur d’apprentissage.

L’explosion des ressources disponibles sur Internet est un nouveau tournant dans le continuel développement de la didactique du français langue étrangère. Il n’est cependant pas emprunté de la même manière par tous les acteurs de l’enseignement du FLE. Pour beaucoup, Internet, gigantesque bibliothèque, reste avant tout une source inépuisable de documents. Pour d’autres, expérimentateurs dans l’âme, il est un nouveau moyen d’apprendre la langue dans un contexte social et dans une approche actionnelle, telle qu’encouragée par le Conseil de l’Europe. De plus l’utilisation à part entière des Nouvelles Technologies répond pleinement à l’une des recommandations des Chefs d’Etat européens dans le domaine de l’éducation en général et de l’enseignement des langues en particulier:

« Promouvoir des méthodes d’enseignement des langues vivantes qui renforcent l’indépendance de la pensée, du jugement et de l’action combinée à la responsabilité et aux savoir-faire sociaux. »

À la lumière de ces objectifs, le Comité des Ministres a mis l’accent sur « l’importance politique aujourd’hui et dans l’avenir du développement de domaines d’action particuliers tel que les stratégies de diversification et d’intensification de l’apprentissage des langues afin de promouvoir le plurilinguisme en contexte pan-européen » et a attiré l’attention sur la valeur du développement des liens et des échanges éducatifs et sur l’exploitation de tout le potentiel des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

in Cadre européen commun de référence en langues

Si l’utilisation des nouvelles technologies de la communication en français langue étrangère, et notamment celle d’Internet sur laquelle nous allons nous concentrer, n’est pas dénuée d’inconvénients, elle est aussi et surtout porteuse de nombreux avantages tant pour les apprenants, pour les enseignants que pour l’apprentissage lui-même.

Intégrer les ressources et l’utilisation d’Internet en cours peut être réalisé de différentes manières et au moyen de différentes activités, toutes répondant au principal objectif du développement de la communication en français.

Les inconvénients sont notamment de deux types et s’il est possible de les dépasser, ils n’en sont pas moins les freins principaux, voire les obstacles majeurs, à l’utilisation d’Internet dans l’enseignement/apprentissage du français langue étrangère.

Les deux principales catégories de ces aspects négatifs sont d’ordres technique et psychologique.

Utiliser à Internet suppose d’avoir un accès au réseau ce qui n’est pas forcément le cas dans tous les établissements, non pas que l’accès soit indisponible mais plutôt parce que le nombre des postes reliés est insuffisant par rapport au nombre d’élèves. Une solution pour toutefois intégrer la Toile dans ses cours: favoriser le travail d’équipe. A deux ou trois autour d’un poste, les apprenants devront mettre en place des stratégies d’écoute, de concertation et de travail collaboratif. De plus, être à plusieurs devant l’écran ne peut que les rassurer quant aux difficultés de compréhension, l’un peut comprendre ce que l’autre ne saisit pas et le lui expliquer.

Si dans la majorité des cas, les accès au réseau sont de plus en plus à haut débit, les connexions à bas débit restent toujours d’actualité, ce qui peut engendrer quelques difficultés de navigation ou de téléchargement de documents. Cependant, en prenant patience, l’objectif est atteint et il y a toujours la possibilité de trier les documents ou sites à exploiter en fonction de leur poids ou de la rapidité de téléchargement des pages.

Un autre argument défavorable à l’intégration d’Internet est la configuration même du réseau. En effet, les sites contiennent des quantités de liens et tissent une véritable toile d’araignée entre eux, toile dans laquelle il est facile de s’égarer. Cet obstacle n’est pourtant pas insurmontable. En proposant des activités construites et guidées, l’enseignant ne perdra pas ses apprenants et ceux-ci, quand bien même en auraient-ils l’envie, ne pourront pas, faute de temps pour atteindre l’objectif fixé, faire l’école buissonnière!

La seconde catégorie des inconvénients est, nous l’avons dit, d’ordre psychologique. En effet nombre d’enseignants non familiarisés avec Internet éprouvent réticences et peurs à son utilisation en cours. Peurs de ne pas pouvoir maîtriser les problèmes techniques qui peuvent surgir (ordinateur en panne, pages qui ne s’affichent pas, sites introuvables…). Il est vrai que dans un laboratoire informatique, il faut compter avec un ou deux postes hors d’état de fonctionnement, mais le travail d’équipe permet de résoudre ces incidents. Quant aux pages ou sites introuvables, il faut pouvoir proposer des sites similaires pouvant être intégrés dans l’activité. Il ne faut pas non plus négliger le fait que si les enseignants peuvent ne pas être habitués à Internet, les apprenants, eux, le sont. Ils trouveront d’eux-mêmes des stratégies de contournement en cas de problèmes de sites!

Cependant les apprenants aussi peuvent éprouver des réticences à l’utilisation de ce nouveau média dans leur apprentissage. Ils n’en ont tout simplement pas l’habitude. Si la méthode communicative est répandue parmi les enseignants de FLE, la méthode « traditionnelle » grammaire-traduction avec liste de vocabulaire à l’appui reste cependant largement répandu dans de nombreux systèmes scolaires et universitaires. Changer les habitudes d’apprentissage suscite des oppositions mais quelques heures de pratique permettent de réduire ces réticences à néant! Un dernier argument avancé par les apprenants, notamment par les étudiants, concerne les possibilités d’accès à Internet. Tous n’ont pas d’ordinateurs personnels… Mais dans bon nombre d’établissements d’enseignement supérieur, des postes sont mis à disposition des étudiants et il existe de plus en plus de « cafés-Internet » ou « cybercafés » proposant des accès pour des sommes modiques, bien moindres que celles qui auraient dû être dépensées pour l’achat d’ouvrages ou de photocopies nécessaires dans le cadre d’un « enseignement traditionnel ».

En revanche, il est plus difficile d’aller à l’encontre de l’argument psychologique le plus solidement ancré et qui concerne le changement du rôle de l’enseignant. Dans le cadre d’un enseignement, y compris avec l’approche communicative, l’enseignant joue un rôle de « mentor ». C’est lui qui dirige la classe, oriente les apprenants, c’est lui qui détient le savoir. L’approche communicative avait cependant permis à l’enseignant de se retirer du devant de la scène mais il reste encore le référent et le vecteur de l’apprentissage. En intégrant les nouvelles technologies de la communication et en particulier Internet, l’enseignant change de rôle. Le vecteur de l’apprentissage devient Internet, la somme des connaissances y est quasiment inépuisable. L’enseignant n’est plus le référent en matière de langage ou de culture. Mais il devient un guide, un accompagnateur de l’apprentissage, il permet à l’apprenant de mobiliser ses connaissances préalables pour les développer, il l’incite à assurer le transfert de ses compétences dans une langue vers une autre, manipuler un ordinateur en anglais, en allemand ou en français se fait de la même manière, encore faut-il en avoir conscience…

L’enseignant est celui qui permet à l’apprenant d’avoir un rapport avec la langue et la culture cible, en l’occurrence le français, mais il n’en détient pas toutes les clés. Il soutient l’apprenant dans son parcours de découverte et d’utilisation de la langue mais il n’en est pas le dirigeant. Bien entendu, l’enseignant reste celui qui fixe les objectifs, les étapes de l’apprentissage mais sa place physique n’est plus devant le tableau ou derrière le bureau mais plutôt aux côtés de l’apprenant devant l’écran de l’ordinateur.

Or ce changement de rôle suscite des oppositions psychologiques. Traditionnellement, l’enseignant est celui qui sait et qui transmet les connaissances directement et … autoritairement. Il doit maintenant prendre conscience que son rôle n’est plus de transmettre des connaissances mais d’amener l’apprenant à acquérir des compétences en lui apportant des outils et non plus des savoirs.

Enfin il est vrai que cette nouvelle méthode d’enseignement, où Internet occupe une place importante, est une méthode en développement. Il existe fort peu de matériel pouvant guider les enseignants à l’intégration et non pas simplement à l’utilisation des NTIC, contrairement aux nombreuses méthodes « papier » d’enseignement de la langue. Il n’y a pas d’ouvrage présentant progressions et activités. C’est un secteur encore expérimental et les enseignants « expérimentateurs » sont en quelque sorte des pionniers et construisent peu à peu leurs propres méthodes en fonction de leurs apprenants et de leurs objectifs.

Mais ces inconvénients, tous réfutables comme nous venons de le voir! , ne peuvent pas faire oublier les nombreux avantages à l’utilisation d’Internet en cours de FLE.

Les apports pour l’enseignant sont particulièrement riches dans la mesure où il est possible de trouver sur la Toile de nombreux documents authentiques. Documents qu’il serait impossible de se procurer d’une autre manière pour les enseignants exerçant hors des pays de langue française. Ces documents peuvent être audio, vidéo ou écrits. Leur exploitation est ensuite similaire à celles de tout document authentique. D’autre part, les ressources sont telles qu’il est possible de les renouveler, ce qui permet une approche culturelle contenant des informations actuelles et non plus datant de plusieurs années et rapidement obsolètes, comme dans le cas des méthodes « papiers ». L’enseignant a également accès à un réseau inépuisable d’informations pédagogiques et de formations par le biais des sites spécialisés ou des listes de diffusion. Il peut ainsi trouver les réponses à ses questions mais aussi idées et soutien. Une communauté internationale d’enseignants de français langue étrangère se crée de cette manière et favorise échange de ressources et de savoir-faire.

Les aspects positifs pour l’apprenant et l’apprentissage de la langue sont difficilement quantifiables. En revanche, il est tout à fait possible d’en décrire les conséquences indéniablement positives et enrichissantes pour le développement des compétences de communication des apprenants.

D’un point de vue purement pédagogique, l’intégration d’Internet en cours de langue permet à l’apprenant d’être en contact avec des documents réels reflétant donc la culture et la langue telle que vécue et utilisée. Le décalage entre les « normes » langagières et linguistiques présentes dans les documents didactisés et celles de la langue en contexte sont annihilées. Cette mise en contact avec une réalité sociale de la langue ne peut être que motivante. Il ne s’agit plus d’apprendre une langue des livres mais bel et bien une langue utilisée et pratiquée à des fins de communication. L’ordinateur, vecteur de l’apprentissage a un rôle désinhibant contrairement au tableau noir, qui a toujours une action paralysante sur les apprenants, quel que soit leur âge… Le poste informatique rend l’apprentissage vivant, il répond aux commandes de l’apprenant et ne peut émettre une quelconque critique sur le discours produit. D’autre part, l’apprentissage est actif… il est assez surprenant de constater une diminution des erreurs d’orthographe dans un texte produit au moyen d’un traitement de texte, même lorsque le correcteur automatique n’est pas sélectionné. Il engendre une réflexion sur la langue qui est beaucoup moins importante lors d’une production sur feuille. D’autre part l’utilisation des exercices en ligne, tout systématiques soient-ils, permet d’intégrer un caractère ludique à l’apprentissage et de dédramatiser les erreurs et donc de favoriser les progrès. Cette dimension interactive de l’apprentissage a pour effet de provoquer et d’encourager l’autonomie dans l’apprentissage. Mis en confiance, l’apprenant éprouvera du plaisir à aller par lui-même sur d’autres sites, à découvrir d’autres aspects de la langue et à acquérir par là même des compétences de compréhension mais aussi des compétences lexicales, grammaticales et interculturelles.

L’utilisation d’Internet en cours de langue permet de sortir du cadre de la classe, d’avoir accès à de nouveaux horizons, de s’évader en quelque sorte dans la langue. La découverte culturelle devient un prétexte à la pratique langagière. Par la découverte de sites et de documents non didactiques, les stéréotypes sont combattus et la langue retrouve son rôle de véhicule culturel, dans la mesure où langue et culture sont fondamentalement liées.

Cette exposition à une langue utilisée hors contexte scolaire ou universitaire ne peut que faire prendre conscience de ce qui doit être l’unique but de l’apprentissage d’une langue étrangère : la communication et non plus la réussite à un examen.

L’approche actionnelle alliée à Internet permet de « faire faire » aux apprenant des tâches en utilisant la langue. Celle-ci n’est plus l’objet de l’apprentissage mais bien un outil pour atteindre des objectifs précis. Un de ces objectifs peut être le développement d’une compétence interculturelle mais aussi et avant tout celui d’une compétence de communication sociale. L’utilisation de moyens d’échanges synchrones et asynchrones entre apprenants, entre apprenants et enseignants, entre apprenants et francophones ne peut que renforcer la création de liens sociaux et favoriser les échanges interculturels.

L’intégration de l’Internet en cours de français langue étrangère peut être réalisée sous différents aspects. Le nombre sans cesse croissant d’exercices en ligne est un excellent moyen d’intégrer en douceur l’utilisation des documents en ligne. Ceux-ci sont utilisés comme tout exercice « papier » à la différence qu’ils sont, pour la majorité, auto-correctifs. Les apprenants peuvent donc travailler seuls et refaire les exercices autant de fois qu’ils le désirent. Ce caractère auto-correctif permet de supprimer tout sentiment de jugement et « allège » ainsi l’apprentissage du poids et de la contrainte des performances.

Les exercices en ligne peuvent être exploités comme supplément aux méthodes utilisées en cours mais aussi, pourquoi pas, comme seule et unique proposition de réemploi systématique grammatical et lexical.

Les ressources présentes sur la Toile sont également un moyen d’accompagner l’apprentissage en présentant des documents authentiques et actuels, comme nous l’avons vu. Ce qui présente l’immense avantage de « coller » à la réalité sociale et linguistique de la francophonie. Cette présentation de documents réels est un facteur motivant, non seulement pour l »apprenant mais aussi pour l’enseignant qui peut de cette manière rester en constante relation avec la culture francophone et ne pas se contenter uniquement des documents présents dans les méthodes ou rapportés de voyages, il y a plusieurs années. Cet aspect de l’accompagnement de l’apprentissage permet aussi de réduire et de combattre les stéréotypes.

Un autre type d’intégration, et probablement la plus efficace en ce qui concerne le développement des compétences linguistiques, sociales et techniques, est le choix effectué par certains de remplacer le livre et les exercices écrits traditionnels par Internet et le traitement de texte. Cette dernière est toujours présente dans les préparations de l’enseignant mais l’apprenant, lui, utilisera uniquement l’ordinateur comme vecteur d’apprentissage. Internet fait ici partie intégrante de l’enseignement. Les supports présents en ligne permettent de varier tâches et documents et ainsi de rendre l’approche de la langue française vivante et diversifiée.

L’utilisation des plates-formes de formation est un excellent moyen d’intégrer complètement les nouvelles technologies dans l’enseignement. De plus elles concrétisent le monde virtuel d’Internet. Par le dépôt de documents, les apprenants ont un accès continuel aux supports. Suivant le type de plate-forme, ils peuvent également y déposer leurs travaux. Cela permet à la fois de remplacer avantageusement le livre mais également de responsabiliser l’apprenant. C’est à lui de se connecter à la plate-forme, d’y entrer et d’utiliser les documents. Les différentes étapes nécessaires (identification, « clic » de souris, téléchargements…) favorise beaucoup plus efficacement un apprentissage actif et conscient que ne peut le provoquer l’ouverture d’un livre à la page x et la réalisation quasi-automatique des exercices.

Lors d’une intégration des technologies de l’information et de la communication en cours de français langue étrangère, les enseignants ont la possibilité de mettre en place différentes activités. Toutes peuvent être intégrées dans une progression et répondre à des objectifs particuliers. Leur point commun, hormis les exercices systématiques en ligne, est leur capacité à développer les compétences écrites ainsi que la compréhension orale des apprenants.

La production orale est à exploiter dans le cadre de la classe, bien que des solutions puissent être inventées pour pallier ce manque d’expression orale dans l’utilisation d’Internet en cours de langue. Les visio-conférences, l’utilisation de webcams et de micros peuvent avantageusement favoriser le développement de liens sociaux entre apprenants francophones d’horizons géographiques divers tout en développant les compétences de communication orale et interculturelle. Cela a pour effet de supprimer l’aspect artificiel des dialogues et jeux de rôles internes au groupe-classe.

Comme nous l’avons vu, les ressources les plus faciles à intégrer et à exploiter sont les exercices en ligne, que ceux- ci soient grammaticaux ou lexicaux. Autres types de ressources pouvant être assez facilement utilisés de manière ponctuelle: les sites d’apprentissage. Ceux-ci proposent une progression, des activités, des exercices en rapport avec les thèmes exploités. Viennent ensuite les documents authentiques de natures diverses, qu’ils soient picturaux ou écrits. Un immense atout d’Internet est qu’il est possible d’y trouver aussi des documents sonores et vidéo; documents téléchargeables ou exploitables en « direct » avec la possibilité de faire des arrêts ou des retours en arrière.

L’exploitation de ces différents documents est similaire à celle de tout document authentique à ceci près qu’ils sont plus facilement accessibles que les enregistrements d’émissions radiophoniques ou télévisées. De plus l’utilisation d’une plate-forme de formation permet de déposer ces documents ou de laisser un lien s’y rapportant afin que les apprenants puissent s’y référer, écouter et visionner de nouveau. Ce qui est difficilement réalisable avec des documents « traditionnels » de cette nature.

L’exploitation d’Internet peut également être réalisée d’une toute autre manière. Il est en effet possible de profiter de la présence de nombreux sites sans rapport didactique avec la langue par le biais de parcours ou simulations. Ces activités ont pour but de faire découvrir un aspect culturel, historique, géographique…d’une région ou d’un pays. Grâce au soutien d’un questionnaire ou d’un guide, les apprenants sont amenés à réussir différentes étapes afin d’atteindre l’objectif final. Ces tâches se révèlent être très motivantes pour tous les niveaux dans la mesure où les apprenants utilisent de « vrais » documents, prennent conscience de leurs compétences et peuvent découvrir une utilisation réelle de la langue.

Ces parcours peuvent allier une recherche en français avec des moteurs de recherche (Google, Nomade, Yahoo…). Cela oblige à effectuer un choix de mots pertinents puis à effectuer un tri dans les propositions faites. Il y a donc ici une lecture rapide, une sélection d’informations à réaliser; opérations de compréhension immédiate et globale qu’il est assez difficile à mettre en œuvre avec des documents papier, Internet étant dès le départ le monde de la rapidité.

L’accomplissement de tâches répond à un objectif bien particulier en dehors de l’acquisition de compétences linguistiques: rendre l’apprenant responsable et autonome dans son apprentissage. Il « apprend à apprendre » et à développer ses compétences de manière individuelle pour ensuite les rassembler et les exploiter lors d’activités collectives.

D’autre part, la réalisation de tâches en équipes encourage un travail coopératif, travail qui demande la mise en place de stratégies d’écoute, de concertation et d’explications au sein du groupe. Ces stratégies sont aussi importantes que l’utilisation de la langue dans la mesure où elles favorisent non seulement l’apprentissage mais aussi le développement de compétences générales de communication et donc de compétences sociales.

Les blogs, version électronique et publique des journaux intimes, peuvent être exploités différemment selon les objectifs visés, que ce soit pour décrire les étapes de l’accomplissement d’une tâche ou pour tout autre activité. Il sont aussi une excellente manière d’aider l’apprenant à prendre du recul par rapport à son apprentissage et de prendre ainsi conscience des acquis et donc de l’enrichissement de ses compétences de communication.

Pour redonner au TIC le caractère de communication qui est le leur, un certain nombre d’outils ne doivent pas être oubliés. Ceux-ci sont vecteurs de communication et favorisent le développement de compétences sociales dans la langue cible. Il s’agit des courriels, des forums et des salons de discussion (« chats »).

Le courriel est un moyen de mette en place une communication réelle entre l’apprenant et l’enseignant pour des raisons administratives mais aussi pédagogiques. La langue n’est plus ici utilisée comme outil d’apprentissage mais bel et bien comme un outil de communication. La seule évaluation réalisée est celle de la compréhension du message.

Si le courriel reste une communication privée, forums et « chats » sont des communications publiques permettant à tous de participer et de réagir.

Le premier dispositif permet une communication asynchrone où le temps et la réflexion ont un rôle à jouer. Le second, en encourageant une communication synchrone, favorise une utilisation immédiate de la langue. C’est en quelque sorte la transcription de l’oral où le plus important est de communiquer, de comprendre et de se faire comprendre, peu importe les moyens d’y parvenir. Grâce à ces deux moyens de communication, les peurs de « parler » disparaissent et peu à peu, les plus timides, les moins assurés et rassurés prennent confiance et osent s’exprimer y compris à l’oral.

Si l’utilisation d’Internet et l’exploitation des ressources disponibles permettent de favoriser un développement des compétences de communication ancrées dans une réalité sociale, il n’en demeure pas moins un outil pédagogique. Cela signifie qu’une préparation à son utilisation et à son exploitation doit être effectuée. Or, par manque de formation, beaucoup d’enseignants n’osent intégrer les technologies de la communication dans leur pratique pédagogique au même titre que le magnétophone. Une formation pédagogique adaptée permettrait également d’encourager une acceptation du changement de rôle de l’enseignant qui de professeur devient guide-accompagnateur favorisant ainsi l’autonomie dans l’apprentissage.

Il reste encore du chemin à parcourir tant en formation que dans la construction d’outils avant qu’Internet et l’ordinateur ne deviennent aussi indispensables que la méthode et le crayon.

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